Passage des limicoles aux Grangettes

Sur les 49 espèces de limicoles observées jusqu'à ce jour en Suisse, 34 l'ont été aux Grangettes.

Afin de permettre l'entretien des berges et des ports du Léman, le niveau du lac est baissé artificiellement au printemps, ce qui découvre des hauts-fonds en divers endroits du littoral des Grangettes. Ces secteurs exondés, vaseux, abritent de nombreux invertébrés et coquillages, nourriture préférée des limicoles.

Modalité du passage
Les Vanneaux huppés ouvrent le passage déjà en février, bientôt suivis par la Bécasse des bois, les bécassines, les courlis, combattants, gravelots, bécasseaux, chevaliers, pluviers et barges. Quant aux rares échasses et avocettes, elles séjournent surtout entre fin-avril et début-mai. La montée des eaux dans la deuxième moitié du mois de mai chasse les limicoles des rivages. Les attardés de juin trouvent refuge sur le banc de sable des Saviez, sur les môles du Grand-Canal ou encore sur les enrochements disposés au large pour de brefs séjours.

 

L'Echasse patauge dans l'eau peu profonde, portée par des jambes démesurées. Ce limicole s'arrête chaque année en avril-mai sur les vasières des Grangettes, mais en nombre infime.
L'Echasse patauge dans l'eau peu profonde, portée par des jambes démesurées. Ce limicole s'arrête chaque année en avril-mai sur les vasières des Grangettes, mais en nombre infime.

Effectifs
Au printemps, les petits échassiers peuvent être relativement nombreux pour la Suisse aux Grangettes, quelques dizaines d'individus toutes espèces confondues, surtout lors d'intempéries qui les obligent à interrompre leur migration. Le limicole le plus régulier est le Petit Gravelot, qui tente de se reproduire pratiquement chaque année, mais généralement sans succès. Le plus grand nombre d'individus de cette espèce pour la Suisse, totalisant 64 individus a été noté aux Grangettes le 8 avril 1984.

Régime alimentaire
Plusieurs limicoles peuvent se côtoyer sur les vasières, car chaque espèce trouve sa nourriture différemment en fonction des caractéristiques de son bec. Les gravelots, le Tournepierre à collier et les pluviers capturent en général leurs proies, insectes et invertébrés souvent minuscules sur le sol exondé. Les bécasseaux dans l'eau peu profonde. En plus de ce régime, les chevaliers poursuivent parfois les petits poissons dans l'eau peu profonde. Les bécassines, les barges et les courlis délogent les vers en sondant profondément le sol. L'Echasse blanche capture de petites proies, vers, sangsues, têtards en arpentant un secteur de rivage. L'Avocette élégante fait de même en sabrant le sol de son bec relevé. Quant à l'Huîtrier pie, son bec lui sert à ouvrir les anodontes. Il en fait une grande consommation lors de ses séjours aux Grangettes.

 

Accouplement de Petits Gravelots sur le banc de sable des Saviez
Accouplement de Petits Gravelots sur le banc de sable des Saviez

Provenance et destination
La plupart des limicoles sont des migrateurs au long court qui hivernent en Afrique subsaharienne ou dans le bassin méditerranéen et vont se reproduire du Nord de la France à la Sibérie en passant par la Scandinavie. L'Echasse blanche est surtout méditerranéenne.
Seuls le Petit Gravelot, le Chevalier guignette, le Vanneau huppé et la Bécasse des bois se reproduisent encore en Suisse, tous sont menacés.

 

Depuis la diminution dramatique du Courlis cendré qui nichait jadis dans la plaine du Rhône, le Courlis corlieu est devenu le courlis le plus abondant en migration. De petites troupes passent et s'arrêtent chaque année de mars à juin.
Depuis la diminution dramatique du Courlis cendré qui nichait jadis dans la plaine du Rhône, le Courlis corlieu est devenu le courlis le plus abondant en migration. De petites troupes passent et s'arrêtent chaque année de mars à juin.
Contrairement au Petit Gravelot, le Grand Gravelot ne se reproduit pas dans notre pays. Il migre isolément ou en petits groupes et se nourrit souvent en compagnie de son cousin.
Contrairement au Petit Gravelot, le Grand Gravelot ne se reproduit pas dans notre pays. Il migre isolément ou en petits groupes et se nourrit souvent en compagnie de son cousin.

 

Le Tournepierre à collier s'arrête surtout dans les lieux graveleux et les enrochements. Ce limicole mérite pleinement son nom en retournant les cailloux pour y déloger sa nourriture.
Le Tournepierre à collier s'arrête surtout dans les lieux graveleux et les enrochements. Ce limicole mérite pleinement son nom en retournant les cailloux pour y déloger sa nourriture.

 

Cousin des chevaliers, le Combattant varié, dont le mâle arbore à la fin du printemps un plumage multicolore extraordinaire est un des limicoles qui passe en plus grand nombre dans notre région.
Cousin des chevaliers, le Combattant varié, dont le mâle arbore à la fin du printemps un plumage multicolore extraordinaire est un des limicoles qui passe en plus grand nombre dans notre région.

 

Le Chevalier culblanc s'arrête un peu partout. Ses troupes en migration se dispersent la journée pour se nourrir. Elles se rassemblent à nouveau avant de poursuivre leur migration nocturne.
Le Chevalier culblanc s'arrête un peu partout. Ses troupes en migration se dispersent la journée pour se nourrir. Elles se rassemblent à nouveau avant de poursuivre leur migration nocturne.

 

Le Chevalier aboyeur est le plus commun de sa famille avec le gambette. Il se nourrit la plupart du temps dans l'eau peu profonde.
Le Chevalier aboyeur est le plus commun de sa famille avec le gambette. Il se nourrit la plupart du temps dans l'eau peu profonde.

 

Le Bécasseau variable est le membre de sa famille le plus régulier aux Grangettes.
Le Bécasseau variable est le membre de sa famille le plus régulier aux Grangettes.