Evaluation de l’impact des aménagements dans 2 secteurs (la Praille et le Bey) des Grangettes sur les populations de moustiques

Contexte


La DGE-EAU (au moment de la mise à l'enquête Service des eaux, sols et assainissement), en accord avec la DGE-BIODIV, a décidé de maintenir le projet susmentionné tel que mis à l’enquête publique. Les oppositions ont été levées et la réalisation du projet a été autorisée sous certaines conditions. En réponse à un nombre important d’oppositions concernant la problématique des moustiques, l’une de ces conditions implique la mise en place d’un volet particulier sur ce groupe d’insecte lors du suivi scientifique et de l’évaluation de la colonisation des nouveaux biotopes par les espèces de la flore et de la faune.


Les travaux d’aménagement sur les 2 secteurs en question sont conçus pour maximiser la diversité biologique et permettre l’établissement d’un nombre important de groupes faunistiques. Si les futurs milieux sont assez diversifiés, un équilibre naturel des populations sera atteint et empêchera une prolifération des moustiques à un niveau inacceptable pour l’homme. En effet, des mesures de gestion seront entreprises pour favoriser la biodiversité, dont font partie un bon nombre d’espèces prédatrices des moustiques (amphibiens, odonates et coléoptères aquatiques pour les larves, chauvesouris pour les adultes).


Les Culicidae, communément appelés moustiques, forment une famille appartenant à l’ordre des Diptères. Les stades larvaires et le stade nymphal sont aquatiques, puis les adultes émergent lors de la métamorphose dans le milieu aérien. Mâles et femelles ont le même régime alimentaire de base (nectar, sucs et sève issus des végétaux), mais la femelle a besoin d’un repas sanguin riche en protéines pour pouvoir pondre. Pour répondre à ce besoin, elle localise un hôte potentiel par détection des odeurs, de la chaleur et du gaz carbonique émis par les animaux à sang chaud.


Selon des études précédentes (1992-1999), les moustiques présents aux Grangettes (11 espèces) pris dans leur ensemble sont particulièrement abondants dans les milieux boisés (Naceur, 2000). Les deux espèces identifiées comme occasionnant le plus de nuisances pour l’homme (Aedes cinereus et A. vexans) sont toutefois aussi bien représentées dans les marais et les biotopes riches en végétation aquatique. Comme mentionné lors de la réponse aux oppositions aux aménagements sur ce point, les gîtes larvaires sont souvent de faibles superficie et très dispersés sur l’ensemble des Grangettes et ses 150 points d’eau. Bien qu’ils se développent parfois dans les mares entourées de laîches et de roseaux, ce sont principalement les fossés ombragés et les flaques temporaires des forêts qui sont colonisés pour le développement des larves.